NEW YORK, 6 MAI 2026 - Aujourd'hui, au siège des Nations Unies à New York, le Conseil international des sciences (ISC) et le point focal régional de l'ISC pour l'Asie et le Pacifique, ainsi que les missions permanentes de l'Australie, des Fidji et de Tuvalu auprès de l'ONU et du groupe des petits États insulaires en développement du Pacifique (PEID), ont organisé un événement parallèle de haut niveau dans le cadre du Forum des Nations Unies sur la science, la technologie et l'innovation (STI) de 2026.
Intitulé « Au bord de l’eau : montée du niveau de la mer, sécurité de l’eau et moyens de subsistance dans le Pacifique », l’événement a réuni des scientifiques, des décideurs politiques et des négociateurs climatiques du Pacifique à un moment critique pour les processus internationaux en matière de climat et de développement durable.
Des chercheurs du Pacifique ont présenté les données scientifiques les plus récentes sur les menaces cumulatives que représente la montée des eaux pour les communautés insulaires du Pacifique. L'intrusion d'eau salée contamine les sources d'eau douce et les puits, réduit les terres arables et décime les récifs coralliens dont dépendent les communautés côtières pour leur sécurité alimentaire. Dans une région où près de 70 % des ménages insulaires du Pacifique dépendent de l'agriculture pour vivre, les dégâts sont cumulatifs et s'aggravent. Par ailleurs, les progrès concernant l'ODD 6 « Eau propre et assainissement » restent insuffisants dans une grande partie de la région.
Les intervenants ont démontré que le défi ne réside pas dans un manque de connaissances, mais dans un manque de financement. Les communautés et les chercheurs du Pacifique ont développé des solutions ancrées dans le contexte local, notamment en matière de gestion de l'eau, d'adaptation côtière et de résilience des systèmes alimentaires, mais ces innovations demeurent sous-financées et déconnectées des mécanismes internationaux de financement climatique.
Le changement climatique dans le Pacifique n'est pas une menace future ; c'est une perte irréversible qui se produit dès maintenant. Non seulement de terres, mais aussi de langues, d'identités et de la continuité de notre culture à travers les générations.
— Christina Newport, Université d'Auckland et Akairo Consulting
Cet événement a clairement démontré que le fossé des connaissances ne réside pas entre l'ignorance et la science, mais entre le savoir et l'expérience des communautés du Pacifique et les capacités des systèmes de gouvernance et de financement à y répondre. Les intervenants ont plaidé pour la mise en place de mécanismes internationaux permettant d'identifier, de valider et de financer les solutions d'adaptation locales déjà mises en œuvre dans certaines régions du Pacifique.
L’année 2026 étant une année charnière pour les petits États insulaires en développement du Pacifique — avec notamment la réunion de haut niveau des Nations Unies sur l’élévation du niveau de la mer, la COP31 présidée par l’Australie, la Conférence des Nations Unies sur l’eau et l’examen de l’ODD 6 —, les intervenants ont souligné que les voix scientifiques et politiques du Pacifique doivent être au cœur de ces négociations.
Nous pouvons suivre l'élévation du niveau de la mer depuis l'espace, modéliser la dynamique des calottes glaciaires et nous avons une grande confiance dans les données scientifiques à l'échelle mondiale. Mais les décisions importantes se prennent localement, au sein des communautés où les récifs coralliens, les nappes phréatiques et la morphologie côtière influencent chaque aspect de la vie. C'est précisément là que la science atteint ses limites et que les investissements sont les plus urgents.
— Dr Awnesh Singh, Centre pour un avenir durable (CSF), Université du Pacifique Sud, Fidji
Les recherches qui ne tiennent pas compte du vécu restent lettre morte. Les politiques qui ne s'appuient pas sur la recherche sont néfastes. Le lien entre les deux, c'est la communauté.
— Dr Christina Newport, Université d'Auckland et Akairo Consulting
Le Conseil international des sciences (CIS) soutient activement le renforcement des capacités scientifiques et la représentation du Pacifique dans les processus d'élaboration des politiques mondiales. En 2024, le CIS a appuyé la création de l'Académie des sciences du Pacifique, une étape importante pour le renforcement des institutions scientifiques régionales et l'accroissement de la représentation du Pacifique dans les instances scientifiques et politiques internationales. Lors de la quatrième conférence SIDS4, le CIS et son point focal régional pour l'Asie et le Pacifique ont mobilisé 40 scientifiques et experts issus de petits États insulaires en développement du Pacifique et des Caraïbes afin de présenter leurs recherches directement au sein d'un forum international sur les politiques publiques.
L’ISC s’engage à ce que les connaissances du Pacifique ne soient pas seulement discutées, mais activement représentées. Par l’intermédiaire de son Point focal régional pour l’Asie et le Pacifique, nous avons soutenu la participation directe d’experts du Pacifique à ce dialogue, car la science des risques climatiques dans la région doit être façonnée par ceux qui les vivent.
— Dr Robbert Dijkgraaf, président élu du Conseil scientifique international