Cette étude de cas s'appuie sur le rapport Vers l'égalité des genres dans les organisations scientifiques : évaluation et recommandations (2026), produit par le Conseil international des sciences, le Partenariat interacadémique et le Comité permanent pour l'égalité des genres dans les sciences. S'appuyant sur une analyse mondiale de 136 organisations et sur les données d'une enquête menée auprès de près de 600 scientifiques, le rapport examine les facteurs structurels qui influencent la représentation, la participation et le leadership des femmes dans les organisations scientifiques.
Comité scientifique de la recherche antarctique (SCAR) L'institut a intégré l'égalité des genres et l'inclusion au cœur de ses activités, notamment grâce à un programme de bourses qui tient compte des interruptions de carrière liées aux responsabilités familiales, garantissant ainsi que les jeunes chercheurs ne soient pas laissés pour compte. Malgré la persistance de défis, son approche constitue un modèle solide pour faire de l'inclusion une priorité structurelle et non une simple considération secondaire.
La recherche en Antarctique se déroule dans un environnement exceptionnellement exigeant, caractérisé par une mobilité internationale, un travail de terrain prolongé et de longs séjours dans des régions isolées. Ces conditions structurelles tendent à exacerber les inégalités de genre déjà observées dans le milieu universitaire, notamment en fin de carrière. Si les femmes sont bien représentées parmi les jeunes chercheuses en sciences polaires – elles constituent environ 55 % des membres en début de carrière au sein de la communauté scientifique –, elles représentent une part importante des femmes parmi les jeunes chercheuses. Association des scientifiques polaires en début de carrière (APECS) – leur représentation diminue avec l’ancienneté. Depuis 2024, les femmes occupent deux des cinq postes au sein du Comité exécutif du Comité scientifique pour la recherche antarctique (SCAR).
L’égalité des sexes dans la recherche antarctique est abordée grâce à un écosystème d’organisations étroitement liées, dirigé par le SCAR et le travail de son groupe d’action sur l’égalité, la diversité et l’inclusion (EDI) axé sur la coordination, la définition des priorités et les conseils pertinents en matière de politiques.
Le groupe d'experts SCAR EDI collabore avec APECS (qui soutient les jeunes chercheurs en Antarctique et en Arctique), le Réseau des femmes en sciences polaires (hébergé par SCAR) et de nombreuses autres initiatives nationales et internationales en matière d'EDI polaire. Bien que distinctes sur le plan institutionnel, ces organisations coordonnent leurs efforts et partagent un engagement commun : promouvoir les principes d'EDI dans les sciences polaires.
Depuis les années 2000, le SCAR s'est engagé en faveur de l'égalité des genres et d'une plus grande inclusion, conformément à ses politiques générales. Consciente de cette nécessité, le SCAR a mis en place, en 2020, un groupe d'action dédié à l'EDI (Équité, Diversité et Inclusion) afin d'apporter un soutien et des conseils continus. Plutôt que de présenter chaque action comme une simple « initiative », le SCAR a intégré les principes d'EDI à ses activités principales de coordination scientifique en Antarctique et aux conférences qu'il organise.
Le programme de bourses de recherche du SCAR en est un exemple pertinent ; il est explicitement conçu pour soutenir les chercheurs en début de carrière. Fellowships'engage à fournir un soutien financier ciblé pour prolonger l'activité de recherche – par exemple en permettant des mois de travail supplémentaires ou la participation à des projets complémentaires – renforçant ainsi les résultats de la recherche et la visibilité professionnelle. Fellowship Les lauréats sont tenus de publier leurs résultats, ce qui renforce à la fois la qualité scientifique et favorise leur progression de carrière.
Point essentiel, bien que les critères d'admissibilité comprennent une limite d'âge, le SCAR fait preuve de souplesse envers les candidats dont le parcours de recherche a été interrompu par la garde d'enfants ou des responsabilités familiales comparables. Les périodes de réduction de l'activité de recherche liées à la prise en charge d'un proche sont explicitement prises en compte dans le processus d'évaluation, afin de garantir un accès équitable aux opportunités de développement de carrière. Dans ce contexte, assurer la continuité des carrières de recherche pour les jeunes scientifiques, y compris ceux qui ont des responsabilités familiales, a été identifié comme un levier essentiel pour améliorer durablement l'équilibre entre les sexes aux postes de direction et la reconnaissance de leur travail.
Au-delà des bourses de recherche, le SCAR et ses réseaux associés ont soutenu des pratiques visant à réduire les obstacles structurels à la participation, ou s'en sont inspirés. Initialement mis en place dans l'Arctique, l'accès virtuel et à distance aux sites de recherche est désormais développé par certains programmes membres du SCAR afin de permettre aux chercheurs de participer lorsque leur présence sur place est impossible. Il s'agit notamment d'options permettant au personnel de terrain des stations de recherche de collecter des échantillons pour le compte de ces chercheurs.
Au-delà du travail de terrain, le groupe d'action SCAR EDI a formulé des recommandations de bonnes pratiques pour les activités organisées par SCAR, qu'il s'agisse de réunions ou de conférences en présentiel ou en ligne. Parmi ces recommandations figurent l'accès hybride, la mise à disposition de documents d'orientation et d'un code de conduite pour l'événement dans différentes langues, un soutien aux aidants et une aide financière pour les déplacements des personnes en situation de précarité.
Malgré ces progrès, des problèmes persistent. Les différences culturelles au sein des équipes de recherche internationales peuvent créer des environnements de travail inégaux, et des contraintes pratiques – telles que la disponibilité limitée de vêtements de protection adaptés au genre, ou encore l’inaccessibilité des stations de recherche pour les personnes à mobilité réduite ou malvoyantes – continuent d’affecter la participation aux travaux de terrain.
Néanmoins, l'accent constant mis par SCAR sur l'égalité des chances et l'accès a fait de l'inclusion un principe organisationnel fondamental plutôt qu'une préoccupation périphérique.
Vers l'égalité des genres dans les organisations scientifiques : bilan et recommandations
Conseil international des sciences, Partenariat interacadémique et Comité permanent pour l'égalité des sexes dans les sciences (février 2026) Vers l'égalité des genres dans les organisations scientifiques : bilan et recommandations. DOI: 10.24948/2026.03